19 février 2020 - Conférence "Science-fiction et théologie", par Alexandra de Moffarts


Science-fiction et théologie
Dr Alexandra de Moffarts

La science-fiction est parfois vue comme une forme littéraire dé-mythologisante : dans ces contes modernes, on « ramène les cieux sur la terre », en analysant d’une manière qui peut sembler matérialiste des concepts que la mythologie, les contes et, last but not least, la théologie décrivent comme mystérieux et appartenant au domaine métaphysique ou numineux. Ainsi, les images et les thèmes principaux de la science-fiction sont-ils les mêmes que ceux des contes, et tous ramènent à des sujets métaphysiques : les autres mondes (ou les au-delà), les êtres rationnels non-humains, le dépassement du temps, la quête du mystérieux et de l’inconnu. Les thèmes de la science-fiction véhiculent les mêmes images sous une autre forme, plus adaptée à l’imagination de l’homme moderne. L’effet peut en être le même que dans le cas des mythes et de toute parabole : éveiller l’esprit du lecteur à une réalité autre, l’ouvrir à ce qui dépasse l’expérience quotidienne de l’homme moderne vivant dans un monde largement désacralisé. Peu importe, dans ce cas, l’appartenance philosophique de l’auteur.
La science-fiction dite « spéculative » est de surcroît riche en thèmes philosophiques, comme l’origine et la finalité de l’univers, la nature et les limites de l’homme, la relativité du temps et de l’espace, les dangers et les espoirs que l’avenir suscite, la notion de réalité comparée à celle de l’illusion – tout cela, avec une grande liberté narrative. En formulant ces questions de manière nouvelle, la science-fiction peut aider un lecteur averti à réfléchir sur les sujets existentiels.
C’est ce genre d’analyse que je me propose d’esquisser, en puisant des exemples dans les images et les thèmes des auteurs de science-fiction les plus divers comme Isaac Asimov, Philip K. Dick, Ray Bradbury, Gérard Klein, Arthur C. Clarke, Ursula Le Guin, Ted Chiang, mais aussi des auteurs d’inspiration chrétienne comme C.S. Lewis, Madeleine l’Engle ou Vladimir Volkoff.
Inscription : ioj@orthodoxie.be
Mercredi 19 février 2020, 19:00-20:30 heures

26 rue Paul Spaak, 1050 Bruxelles